Racine Carrée de Lambda

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        Le projet Racines Carrés de Lambda prend forme, se construit et évolue au carré, symbole du monde et de la terre.Il matérialise avant tout les racines artistiques et esthétique de Vincent Guderzo.

"Racine Carré de Lambda"

      Se situer par rapport au monde et son univers artistique contemporain, c’est aborder les questions identitaire et l’interrogation commence bien évidemment par la formule universelle et banale « Qui suis-je ? ».

        Qui suis-je donc, dans la masse vivante de ce monde? Quelle est ma place? Quelle est notre place à tous et à chacun en ce monde dans cet espace-temps qu’est notre vie? Et, pour emprunter à Paul Audi ce concept qui fait l’objet de l’un de ses récents ouvrages*, quelle est ma « légitimité » en tant qu’individu qui décide de vivre ce qu’il est à travers la création artistique?

       Ce travail synthétise une pensée, une réflexion qui relate un parcours : adaptations, prises de position, et donc choix passés et présents qui témoignent d’une histoire et de l’Histoire, l’une et l’autre en devenir. Vincent Guderzo est donc son propre sujet : créature créée qui crée à son tour, évoluant dans le temps, dans l’espace du monde où elle puise pour oeuvrer à sa propre création.

      A travers la matière et au moyen de différentes approches techniques, esthétiques et sensibles, la démarche tend à explorer les limites du « je-nous-on » matérialiste dans le souci de rétablir un équilibre entre Avoir et Être t d’ouvrir à une harmonie de tous les possibles.

"Sang Titre"

      En hébreu, Adama désigne la terre et ce mot donna Adam. Nous avons tous un lien étroit avec la terre, presque une filiation au sens alchimique, historique et poïétique. A la genèse de notre chair, elle est notre mère nourricière.

      La terre est le matériau avec lequel Vincent Guderzo a le plus d’affinité, en raison de sa place dans la hiérarchie des matières originelles, de sa symboliques, de ses qualités physiques, plastiques, techniques…de la liberté qu’elle laisse à l’imagination. La terre est la matrice de son univers sculptural. Elle est sa langue qui s’exprime dans la figure humaine.

"Antichambre 1"

      Le corps humain pourrait sembler n’être qu’un support prétexte, mais étant donné la formation académique de Vincent Guderzo, ce choix s’est imposé à lui de manière naturelle : pour avoir été modèle et apprenti en école comme en atelier, toute son expérience de la sculpture en est nourrie.

"Cri"

          Après l’apprentissage des règles de composition et des canons, dont les bases relèvent de l’observation de la nature à travers le modèle vivant, il fut lui-même modèle pendant plusieurs années. Cette pratique lui a permis de vivre physiquement et intérieurement l’état de pose/sujet et de comprendre que c’est dans ce temps précis, qui arrête le geste qui précèdent et amorce celui à venir que s’élabore l’histoire racontée par le sculpteur ( Aristote fit appel à la notion d’entéléchie pour désigner la forme achevée d’un vivant ou d’un artefact )*. Histoire qu’à travers l’oeuvre il se résout à livrer au monde.

          Par cette expérience de modèle, les règles ont pris sens et vie et le modelage lui est peu à peu apparu comme le langage le plus juste et la technique la plus appropriée pour rendre compte de son cheminement intime : ne modèle-t-on pas sa vie, autrement dit son soma et son âme à travers ses actes ?

          L’ensemble Racines Carrées de Lambda relie les sources arts appliquées et l’inspiration qui a suscité chez Vincent Guderzo, un certain cheminement dans l’Histoire de l’art et son regard sur le monde artistique contemporain. Il témoigne également de sa recherche sur la part d’académisme dans l’art actuel et s’ancre dans son parcours en forme de Conclusion Introductive.

          Conclusion, parce qu’il témoigne d’une expérience de vie et d’apprentissages, des (r)évolutions qui l’ont conduit à la création, et de la position qui était la sienne au moment ou il a commencé, à travers l’art et le mouvement perpétuel de son histoire, à s’imprégner du monde et à y participer activement.

          Introductive, car cette conclusion rend compte de son état en devenir, qui évoluera certes par la pensée et ce qu’elle inspirera, mais aussi et surtout par la création et ses différents langages poïétiques, eux-mêmes intrinsèquement liés à la nature des sujets imaginés et dont il sait qu’il les matérialisera un jour.

"Intuition géométrique"

          Enfin le travail de Vincent Guderzo s’ouvre sur différents langages de faisance de signe dans une démarche ascétique qui vise à atteindre une vérité nue de l’art. Il s’inscrit dans un processus plus large et nourrit une recherche plus conséquente sur les « élémentaux », c’est à dire la fusion des notions: fondamentaux et éléments comme l’espace, le temps, la lumière, l’ombre, les vides et leurs pleins…à travers différentes approches intuitives provoquées par sa rencontre avec la terre.

"Composition aléatoire 1"

"Composition aléatoire 1"

"Passion 39"

"Passion 39"

 

Nota:

       -Paul Audi : « Discours sur la légitimation actuelle de l’artiste »,                                                                                                                                     Ed. Encre Marine-2011

      -Laurent Giroux : « La poïétique à ses origines : Aristote, Heidegger. »,                                                                                                                         Notes Bibliographiques